Moi, un volant et une boîte manuelle: l’histoire d’un fiasco annoncé.

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Je pourrais te dire que mes débuts en conduite ont été prometteurs. Que j’ai démarré en douceur, pris de l’assurance petit à petit et fini par maîtriser la boîte manuelle avec une élégance déconcertante. Mais ce serait un mensonge éhonté.

Non, en vérité, j’ai attaqué la conduite avec un bagage très… particulier.

Une histoire de roues (et de gamelles)

Avant même de mettre les mains sur un volant, j’avais déjà un historique assez chaotique avec tout ce qui roule. À 22 ans, je ne savais toujours pas faire de vélo. Pas faute d’avoir essayé : mes parents m’avaient acheté pas moins de cinq vélos, persuadés que « cette fois-ci, c’est la bonne ! ».

Spoiler : ce ne fut jamais la bonne.

Chaque tentative se soldait par une chute humiliante, un abandon rapide et la certitude que certaines choses n’étaient tout simplement pas faites pour moi.

La natation n’a pas arrangé mon cas : perdre pied dans l’eau me paniquait autant que perdre l’équilibre sur un vélo. Avec le recul, je comprends mieux ce besoin viscéral de tout contrôler. Autant te dire que le concept de « lâcher prise » n’a jamais été mon fort.

Premiers tours de roue… et premières sueurs froides

Armée de cette belle prédisposition, je me suis lancée dans l’apprentissage de la conduite manuelle. Histoire de me familiariser avec l’engin, j’ai commencé les leçons en parallèle de mon code. Dès la première séance, mon moniteur a compris qu’il avait affaire à un cas… disons, intéressant.

Problème n°1 : je regardais mes pieds au lieu de la route.

Problème n°2 : mon cerveau refusait catégoriquement de gérer plusieurs tâches à la fois (passer une vitesse ET observer mon environnement ? Trop ambitieux).

Problème n°3 : chaque cours se transformait en conférence morbide sur le nombre de morts sur la route à Mayotte.

Ajoute à cela des hurlements dignes d’un film d’horreur chaque fois que j’oubliais un angle mort (« Les ANGLES MOOOOOOOOORTS !!! ») et tu comprendras pourquoi mon enthousiasme s’est rapidement évaporé.

Le point de rupture

Après plusieurs heures de combat acharné avec l’embrayage, la coordination des pédales et mon propre stress, j’ai fini par lâcher l’affaire.

Moi, la perfectionniste qui déteste échouer, j’ai dû faire face à une vérité douloureuse : je n’étais pas douée. Et surtout, je ne prenais aucun plaisir à apprendre. Conduire était devenu une corvée, une source d’angoisse constante, un combat perdu d’avance.

Alors j’ai abandonné. Pendant 16 ans.

Le grand retour… et la vraie prise de conscience

Le destin a fini par me rattraper : un déménagement a rendu la voiture indispensable. Impossible d’y échapper cette fois.

C’est là que j’ai réalisé que ma peur de conduire n’était pas juste une question de maladresse ou de manque de pratique. C’était bien plus profond.

C’est à ce moment précis que l’amaxophobie a fait son entrée fracassante dans ma vie. Mais ça… c’est une autre histoire (et un autre article).


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