Après plus d’un an à me frotter à la conduite comme une apprentie tardive — à 40 ans passés, s’il vous plaît — entre sueurs froides, angoisses passagères et fous rires nerveux, un défi que j’évitais comme la peste est venu frapper à ma porte : prendre l’autoroute.
Autant vous dire que ce moment-là, je l’aurais volontiers renvoyé à l’expéditeur avec la mention “N’habite plus à l’adresse indiquée”. Mais non, impossible d’y échapper cette fois.
🎈 L’élément déclencheur
Ma fille est invitée à l’anniversaire d’une amie à Carquefou. Pendant ce temps, j’envisage d’emmener son frère faire un tour en ville. Une sortie classique, anodine, banale pour n’importe quel conducteur… mais pour moi ? Un cauchemar en embuscade.
J’ai longtemps préféré rallonger mes trajets de 20 minutes en empruntant des départementales tortueuses plutôt que de m’insérer dans ce grand ballet à 110 km/h. Mais cette fois, je n’avais plus d’excuse.
Pas envie de passer 2 heures dans les bus avec mon fils, ni de me perdre sur une route secondaire douteuse proposée par le GPS. Et surtout, je n’avais plus envie de reculer devant cette peur.
🚗 Et si je le faisais pour moi ?
Au fond de moi, cette envie d’aller rencontrer cette peur ultile se fait de plus en plus vivace. J’au tant lutté pour obtenir ce permis,pris tant d’heure de cours pour aller à la conquête de cette liberté que je ne peux pas me défiler.
Alors j’ai dit “oui, avec plaisir” à l’invitation. Et dans ma tête, c’était panique à bord.
Mais aussi une promesse : je le fais pour mes enfants, pour les trajets que je veux faire avec eux, leur montrer ce qu’on peut faire malgré la peur.
Et surtout, je le fais pour moi. Pour m’offrir cette liberté.
🧘♀️ Une préparation digne des JO
La semaine qui a précédé, j’ai sorti l’artillerie lourde :
Cohérence cardiaque 3 fois par jour, 5 minutes à chaque fois.
Visualisation positive matin et soir : je m’imaginais au volant, calme, mes enfants derrière moi, un morceau de K-pop en fond, la voiture fluide, le trajet simple, l’arrivée joyeuse.
Mantra quotidien, soufflé par ma voisine de 82 ans :
“Ce permis, c’est l’instrument de votre liberté.”
En faisant ces exercices, ce qui naissait en moi faisait d’ores et déjà partie de ma transformation en cours: « Je suis capable. j’ai le droit d’avoir peur mais elle ne m’arrête pas. Je suis en sécurité. »
Et, pour la première fois, j’ai osé en parler à mon mari. Il m’a écoutée, rassurée, encouragée.
🎧 Le jour J
Le jour fatidique arrive. J’ai préparé :
Mon itinéraire dans le GPS (revérifié trois fois),
Une super playlist de winneuse,
Une petite bouteille d’eau,
Des jeux silencieux pour les enfants,
Ma carte pour le péage (parce que la panique au péage, très peu pour moi).
Je respire profondément. Mes mains sur le volant, je me dis : “C’est toi qui es aux commandes.”
J’arrive sur la voie d’insertion. Mon cœur s’emballe. Je me répète les mots de ma monitrice :
“Anticipe, regarde, accélère, trouve le rythme… entre dans le bal.”
Et… j’y suis. Je suis sur l’autoroute. À 110. Avec mes enfants. Et rien ne s’effondre.
💪 Le pouvoir d’y être allée
Alors Oui, avec mon A et ma limitation à 110,je me fais doubler. Oui, je reste bien collée à ma file de droite. Mais j’avance. Rien ne presse. Je n’ai rien à prouver à personne er reste dans mon tempo. Je respire. Je suis là, responsable de moi, de ma conduite, de mes enfants. À mi-chemin, je double même un poids lourd. Tranquillement. Sans trembler.
La sortie approche. Je souris. J’ai fait le plus dur.
🎉 Une victoire sur moi-même
Arrivée à destination, garée comme une cheffe, je me suis applaudie devant mes enfants (un brin interloqués).
Ils n’ont rien vu de mes angoisses. Mais moi, je viens de franchir un cap. Ce n’était pas juste un trajet.
C’était une rencontre avec ma peur. Un moment fondateur.
Un message à mon cerveau, à mon histoire, à mes enfants, au monde :
“Je suis capable. Je peux le faire. Je suis en train de devenir cette femme libre. »
Et toi,est ce que ça t’arrive aussi d’avoir peur de l’autoroute? Raconte-moi.


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